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"Tes yeux sont sourds comme ton cœur est aveugle."
Chapitre 1: La rumeur court et court -
J'étais en retard ce matin. Très en retard. En fait, le réveil avait sonné et je ne m'étais pas réveillé. Panne d'oreillers, quoi. Et bien entendu, ma mère n'avait pas voulu me déposer, arquant que c'était à force de conséquence que l'on devenait responsable. Je me demande sincèrement si elle sait que la plupart des fauteurs de troubles du collège vont aux retenues, mais ne retiennent rien de cela. Et alors que moi, élève exemplaire- bon d'accord, nous dirons passable, dans la moyenne plutôt- avait très vite compris le tout, devrait aller à cette fichue retenue parce que c'était certain que j'en recevrais une puisque la secrétaire me déteste- je le lui rends bien, à cette pauvre vache- pour réapprendre ce que je savais déjà? C'était risible et tout à fait stupide. Mais apparemment, ma génitrice n'a pas le même regard sur la situation. Brrr, d'ailleurs, celui-ci est de glace présentement. Elle a l'air en colère… Oh merde! Déjà trente minutes de retard… Je n'y réchapperai pas. En plus, on a math en première période.
Arrivée à l'école. D'ailleurs la polyvalente n'est pas si pire mais comparé à la chaleur infernale – voyez le sarcasme- qui régnait dans l'autobus, je rentre dans l'établissement comme une sœur rentre au couvent. J'essaie de passer inaperçue, mais c'est sûr que c'est assez difficile quand on est la seule qui est encore dans les corridors. Les cours ont commencé depuis une bonne trentaine de minutes. Donc, autant y aller lentement, pour au moins s'épargner l'algèbre et toute la panoplie de Pythagore *.. Direction les casiers.
Jusque là, rien d'habituel, je suis une éternelle retardataire, et je n'ai croisé personne. Tant mieux, si jamais un surveillant me trouve, je me demande ce qu'il arrivera. Peut-être juste une retenue ou un avertissement. Au pire, une semaine avec Mme Markhand- notre prof de math- en retenue. Enfin, vaut mieux ne pas parler de malheurs, juste au cas où.
Je referme ma case, mes livres par terre. J'en fais un pille, à la mêlée- ouais, je suis assez désordonnée, et alors?-.
Bon, et maintenant que c'est fait, qu'est-ce que je fais? Je traîne dans les casiers? Je vais aux toilettes? Manger un bout à la cafét'? C'est qu'il me reste quand même quinze minutes à passer, moi.
- Mlle Winster, on dirait bien que l'on tente l'école buissonière?
On dirait surtout que je n'ai plus à m'inquiéter pour les quinzes minutes restantes…
*****
- Trois heures de retenue, trois heures de retenues! T'imagines, c'est juste, C'est pas juste plutôt!
Ah ah. Même quand j'essaie de paraître pitoyable, je réussis à glisser quelques blagues scabreuses. Enfin, je doute que quelqu'un n'y comprenne grand-chose de toute façon puisque je l'ai dit dans mon chandail que j'ai roulé en boule pour faire un oreiller- on est en histoire présentement, et d'ailleurs, j'ai surtout bavé dessus.-. Enfin, c'est pas dans cette classe de dégénérés que quelqu'un pourrait entendre quelque chose et même comprendre. En plus Noe est pas là, on est pas dans la même classe cette année.
Sandrine- une fille que j'apprécie assez malgré son goût immodéré pour les ragots en tous genres- se tourne vers moi. D'après son expression, elle doit connaître quelque chose d'assez croustillant sur quelqu'un.
Habituellement, je ne prends pas ces choses-là au sérieux- surtout les rumeurs- mais quand elles viennent de Sandrine, on peut être certain qu'une miette de vérité se trouve là-dedans. Et puis, c'est toujours drôle de savoir le sujet du moment.
Plusieurs têtes se sont tournées vers mon amie- on l'appellera ainsi malgré le fait que ça ne soit qu'une bonne connaissance…enfin, je n'ai qu'un vraie amie, et c'est Noémie, donc…- et nous attendons tous qu'elle nous annonce le nouveau scoop. Étrangememnt, elel me lance encore un fois un de ses drôles de regards puis me demande:
- Hé Magda, je grimace en l'entendant prononcer mon surnom- je déteste quand quelqu'un m'appelle Magda sans ma permission- , est-ce que toi et Noémie c'est du sérieux? Parce qu'il paraît qu'elle serait lesbienne, laisse-t-elle entendre.
Je la regarde, impassible.
Ah ah ah. Il y en a tellement qui disent ça mais ils ne peuvent pas comprendre. Une amitié, ça se tient et quand elle est aussi ancienne que cela, je ne crois pas que l'on devrait rire de cela. D'ailleurs, je lui rétorque aussitôt sur un ton narquois:
- Enfin Sandy- à son tour de grimacer, elle déteste les gens qui l'appellent ainsi et je le sais, niark ,niark- tu sais bien que je t'aime toi aussi, allez, viens m'embrasser chérie.
Ma petite scène suffit à déclencher des rires.
- S'IL VOUS PLAÎT, UN PEU DE SILENCE!
Le cours commence.
*****
- Salut Noe, C'était Magda, c'était juste pour savoir si ça allait, je t'ai pas vu durant la pause et t'es pas venue me retrouver durant le dîner donc…enfin, on a dû se manquer, alors, euh… Trilipadipadiba! Ok,, donc salut. Et rappelle-moi! Sinon je vais te…
- BIP!
Je raccroche, laissant mon message dans la boîte vocale de mon amie. Encore frustrée contre le répondeur- c'est vrai quoi, il m'a interrompu!- je vais me goinfrer devant la télé. Peut-être que plus tard j'irais faire mes devoirs…
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